News Le Tri national de Sangha (TNS) : Une synergie des trois pays pour la conservation transfrontalière

La région transfrontalière entre la RCA, le Congo et le Cameroun est l’une  des plus importantes aires de conservation d’Afrique Centrale. Elle contient une grande variété d’habitats comprenant un important réseau hydrographique, des forêts périodiquement inondées de basse altitude, et de nombreuses clairières. En plus de la diversité  d’habitats, cette zone contient de grandes populations de la méga faune d’Afrique Centrale, notamment  des éléphants de forêts, des gorilles de plaines, des chimpanzés et des bongos, entre autres.

Source JOURNAL LE PEUPLE n° 3360 du 05 Avril 2011
Release date 09/06/2011
Contributor Christophe NDARATA MASSANGUET
Geographical coverage République Centrafricaine,
Keywords Biodiversité,environnement,aires protégées,forêt,faune sauvage,parc national,parc transfrontalier,

Le Tri national de la Sangha (TNS) est constitué d’une zone de protection, où les activités  humaines sont soit interdites, soit restreintes, et d’une zone périphérique dans laquelle des processus  participative de gestion durable des ressources fauniques et forestières sont développés. Le territoire du TNS est constitué des aires protégées  de Lobéké (3.866 km2  en République de Cameroun), Dzanga-Ndoki (1.222 Km2 en RCA) et Nouabalé-Ndoki (2.100 Km2  en République Populaire du Congo) et de leurs zones périphérique, où l’espace est utilisé par la population et des acteurs commerciaux (chasse safari, exploitation du bois, tourisme).

Le complexe Tri national de la Sangha est une émanation de l’accord  de coopération signé le 07 décembre 2000 entre les trois gouvernements. cet accord définit  le cadre de gestion et de fonctionnement de la zone transfrontalière  de conservation. La loi n°08.001 portant ratification du Traité relatif au TNS a été promulguée le 1er  janvier 2008.  Enfin, des protocoles d’accord  ont été conclus entre les gouvernements membres du TNS dans le domaine de la lutte anti braconnage  et la libre circulation des personnes et des biens. Aujourd’hui le TNS est un concept innovant, fortement soutenu par la communauté internationale et les gouvernements de la sous région dans le cadre du patrimoine pour la forêt du bassin du Congo.

L’appartenance des Aires protégées e Dzanga sangha (APDS) au TNS  accroît l’intérêt qu’on peut leur porter, vu  qu’elles constituent ainsi une partie essentiel d’un ensemble beaucoup plus vaste, dont la portée écologique est également nettement plus grande. Cette appartenance pourra notamment  faire bénéficier les APDS de financements et d’appuis à caractère régional. Elle permet aussi de profiter  de retombées des efforts de conservation entrepris dans les autres parties du complexe. La nomination du TNS comme site du Patrimoine Mondial est en cours (2011) et valorise aussi ce complexe.

Structure de gestion du TNS est constituée de quatre organes : un Comité  Tri national de Supervision  et d’Arbitrage, un organe suprême  de décision, composé des ministres  en charge de la faune et des forêts des états parties ; un Comité Scientifique Tri national  de suivi, organe de suivi de la mise en œuvre  des décisions et composé des divers représentants politiques, techniques et institutionnels locaux (Zone Tri national) : et un Comité  tri national de Planification et d’exécution à la base des activités du TNS qui est composé de représentants des projets de conservation dans les zones de protection ;

Le TNS  est régi par un plan  d’action commun pour la conservation et la gestion durable des ressources  naturelles. A ce titre, des rencontres périodiques  ont lieu entre les conservateurs du TNS pour la consolidation de la coopération et l’exécution de patrouilles conjointes le long des frontières communes, la réalisation d’études spécifiques  sur les activités socioéconomiques  transfrontalières et la recherche de financement à long  terme pour ses activités.

La Fondation du Tri national de la Sangha (FTNS) a été créée en 2007 et reconnue comme fondation en Angleterre en 2008, et la FTNS était reconnue comme fondation étrangère au Cameroun en 2010.

Le principe de la FTNS c’est l’affectation d’un capital (fond fiduciaire) destiné à financer  exclusivement un objectif spécifique   - la conservation. L’idée c’est d’arriver à une capitalisation de 33 millions Euros, et d’utiliser l’intérêt généré par ces fonds pour des activités  de conservation et de gestion durable des ressources naturelles  dans les zones périphériques et un appui à certain nombre d’activités transfrontalières.

Les activités cibles qu’on peut envisager de financer avec les fonds de la FTNS : la protection des parcs et des zones périphériques ; la formation et le renforcement des  capacités du personnel  et des acteurs  concernés ; le sensibilisation des populations locales, des opérateurs économiques, des autorités locales et des administrations ; le développement et le fonctionnement des mécanismes de collaboration venant en appui à une coopération effective des acteurs ; le suivi/évaluation (biologique et socioéconomique)net la recherche appliquée ; la promotion des activités génératrices de revenus ou d’initiatives de financement durable au bénéfice  des parcs. Au niveau de la TNS, le fond fiduciaire peut être utilisé pour : la coordination des activités de surveillance ; les réunions transfrontalières de planification et d’échanges d’informations ; le développement de protocoles de gestion ou de conservation, ainsi que de politiques liées à la communication, à l’application de la loi, la viande de brousse, etc. ; le suivi écologique, les études, l’harmonisation des informations ; la formation ; et le développement du tourisme.

Le plan transfrontalier inclut des patrouilles bi et tri-nationales effectuées avec les partenaires du Cameroun et du Congo. A ce sujet et dans le cadre de l’opérationnalisation des fonds TNS, une unité d’élite, la brigade Lutte Anti braconnage-TNS sera composée des éléments de chacun des trois pays partenaires et interviendra à partir de la station de Nyangouté (secteur sud parc National Dzanga Ndoki). De sa situation centrale, son cadre d’intervention sera ainsi élargi et l’unité interviendra en renfort des situations nationales.

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