News Atelier d'information et de sensibilisation sur la Convention de Rotterdam tenu à Bangui en Centrafrique du 8 au 9 mars 2011

Les 8 et 9 mars 2011 s’est tenu à Bangui en République Centrafricaine un atelier d’information et de sensibilisation sur la Convention de Rotterdam. L’organisation de l’atelier a été rendue possible grâce à la collaboration entre le Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique Centrale (SFC), le Secrétariat de la Convention de Rotterdam, la Représentation de la FAO en République Centrafricaine et le Ministère de l’Environnement et de l’Ecologie (MEE) de la RCA.

Release date 16/04/2011
Contributor Christophe NDARATA MASSANGUET
Geographical coverage République Centrafricaine
Keywords Produits chimiques, pesticides, environnement, texte juridique

Les 8 et 9 mars 2011 s’est tenu à Bangui en République Centrafricaine un atelier d’information et de sensibilisation sur la Convention de Rotterdam. L’organisation de l’atelier a été rendue possible grâce à la collaboration entre le Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique Centrale (SFC), le Secrétariat de la Convention de Rotterdam, la Représentation de la FAO en République Centrafricaine et le Ministère de l’Environnement et de l’Ecologie (MEE) de la RCA.

Une trentaine de représentants de différentes Institutions de l’Etat, du secteur privé et de la société civile y ont pris part.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier a été présidée par Son Excellence Mr. François Naoueyama, Ministre de l’Environnement et de l’Ecologie, en présence de Madame Rokhaya Daba FALL, Représentante de la FAO.

Dans son intervention, le Ministre de l’Environnement et de l’Ecologie a indiqué que la Déclaration de Rio invite tous les Etats signataires à ratifier les Conventions ainsi que les autres instruments juridiques internationaux pertinents relatifs à la protection de l’environnement. La RCA étant signataire de la Déclaration de Rio, le pays s’engage dès à présent sur la voie qui la conduira à la ratification de la Convention de Rotterdam. Il a poursuivi en disant que l’adhésion à cette convention ouvrira à la RCA non seulement les voies de coopération dans le domaine du commerce international de certains produits chimiques dangereux, mais aussi des garanties de transparence dans leur importation et leur gestion, tout en respectant le principe de consentement préalable pour l’usage de ces produits.

Auparavant, dans son allocution Madame la Représentante de la FAO  a indiqué que parmi  les huit pays rattachés au Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique Centrale basé à Libreville au Gabon, seuls la République Centrafricaine et le Sao Tome et Principe ne font pas partie de ce groupe de pays. C’est pour renverser cette situation et compte tenu de l’importance de cette convention dans la protection de l’environnement et de la santé des populations, que le Secrétariat de la Convention de Rotterdam et le Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique Centrale, en étroite collaboration avec la Représentation de la FAO à Bangui, ont décidé de réunir leurs efforts et ressources pour informer et sensibiliser les autorités et tous les acteurs au niveau national sur les avantages de cet instrument de collaboration internationale regroupant 141 pays membres. En concluant son intervention, Mme. La Représentante a exprimé la disponibilité de la Représentation de la FAO à accompagner la République Centrafricaine dans les démarches en cours pour la ratification de la Convention en mobilisant l’assistance technique requise en étroite collaboration avec le Secrétariat de la Convention à Rome et à Genève et le Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique Centrale.

  1. DEROULEMENT DE L’ATELIER

Après la cérémonie d’ouverture et une brève suspension, le Bureau de l’atelier a été mis en place. Il était composé comme suit :

Président : Mr. NGOUMBANGO NZABE Aimé Pascal, Directeur de la Protection des Végétaux, Ministère du Développement Rural

Rapporteur 1 : Dr. Rosine Sarah FIOBOY Médecin Chef des Sections Lutte Antivectorielle et Suivi/Evaluation au Service de Lutte contre le Paludisme, Ministère de Santé

 Rapporteur 2 : Mr. NDARATA MASSANGUET Christophe, Directeur de Nouvelles Technologies et de l’Information Environnementales, Ministère de l’Environnement et de l’Ecologie

Après l’installation du Bureau, le Président a présenté à la plénière le Programme de l’atelier qui a été adopté sans amendement. Ce programme prévoit pour l’essentiel des exposés et des travaux en groupes  en vue d’aboutir à l’élaboration de la feuille de route pour la mise en œuvre de la convention en RCA

1.1.Introduction à l’atelier

Les travaux proprement dit, ont ainsi débuté par la présentation de  l’introduction de l’atelier par Mr. Sankung B. SAGNIA, Fonctionnaire chargé de la Production et la protection des plantes au Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique Centrale basé à Libreville au Gabon. Cette introduction a porté entre autres sur les objectifs de l’atelier qui sont :

  • Informer et sensibiliser les acteurs concernés sur l’importance de la Convention de Rotterdam ;
  • Fournir aux autorités compétentes de la RCA les informations leur permettant de prendre une décision relative à l’adhésion à la Convention.

Cette introduction a également dressé les résultats attendus de l’atelier et la façon dont les travaux de l’atelier devaient être conduits, à savoir les présentations sur la Convention de Rotterdam et sur les procédures d’adhésion, les présentations des différentes structures nationales, notamment la Direction Générale de l’Environnement, la Direction de la Protection des Végétaux, le Ministère de la Santé, le Comité National de Gestion des Pesticides du Comité Inter-Etats des pesticides de l’Afrique Centrale (CPAC) et l’intervention du Doyen de la Faculté des Sciences de l’Université de Bangui.   

1.2.Vue d’ensemble de la Convention et procédures d’adhésion

Une vue d’ensemble de la Convention de Rotterdam a été faite par Mr. Mohammed El Hadi Sidatti, Fonctionnaire Agricole au sein du Secrétariat de la Convention de Rotterdam au Siège de la FAO à Rome.  Cette présentation était composée de trois parties, à savoir l’introduction à la Convention, son fonctionnement et les avantages pour les parties.

A l’issue de cette présentation, les préoccupations des participants évoquées lors des discussions ont porté sur les points ci-après, entre autres :

  • La structure chargée du contrôle des produits chimiques en RCA ;
  • Les avantages de la Convention de Rotterdam pour la RCA ;
  • Le mécanisme prévu au niveau national pour l’opérationnalisation de la synergie entre les Conventions de Bâle, Stockholm et Rotterdam une fois que celle-ci sera adhérée par la RCA ;
  • La liste des produits interdits dans le cadre de la Convention de Rotterdam (Annexe III) ;
  • La désignation de l’Autorité Nationale Désignée ;
  • La nécessité de disposer d’un laboratoire national pour le contrôle de la qualité des produits chimiques.

A toutes questions et préoccupations, des clarifications ont été données par Mr. El Hadi.

La deuxième présentation de Mr. Mohammed El Hadi Sidatti a porté sur les procédures de ratification. Ainsi, les six étapes du processus ont été dévoilé, à savoir :

  • L’analyse et le rassemblement de la documentation ;
  • La préparation d’un projet de ratification/adhésion et l’identification du signataire ;
  • L’Identification et exécution des démarches qui mènent à la ratification/adhésion ;
  • La vérification de quelles déclarations seront nécessaires, le cas échéant ;
  • La préparation et la signature des instruments ;
  • Le dépôt des instruments de ratification auprès du dépositaire (Le Secrétaire Général des Nations Unies).

1.3.Une vue d’ensemble de la protection de l’environnement en RCA, avec accent sur les produits chimiques

Mr ZANGA Ambroise,  Directeur Général de l’Environnement a présenté un exposé sur les problèmes environnementaux de la RCA.

Selon cet exposé les problèmes environnementaux en Centrafrique se repartissent de la manière suivante :

  • Les problèmes de première  génération constitués des problèmes de santé, des populations et de précarité des établissements humains, de faible accès à l’eau potable, de problèmes d’hygiène et de pauvreté et de dégradation du cadre de vie, la construction anarchique et la forte prévalence des maladies parasitaires ;
  • Les problèmes de deuxième  génération concernent le déséquilibre des écosystèmes et la perte de la diversité biologique, la dégradation des sols, la pollution des eaux, la pollution industrielle et les déchets dangereux.

A la fin, il a présenté le lien existant entre ces problèmes et la gestion des produits chimiques.

1.4.L’état des lieux sur l’utilisation des pesticides en agriculture en RCA

Cette communication a été présentée par  Mr NGOUMBAGOU NZABE Aimé Pascal, Directeur de la Protection des Végétaux,

Dans cette communication, il a d’abord présenté la Direction de la protection des végétaux qui est constituée:

  •  D’un Service de la Réglementation et de l’Homologation des Pesticides
  • D’un  Service de Diagnostic, Enquêtes et Lutte Phytosanitaire
  • D’un  Service de Contrôle Phytosanitaire et Mise en Quarantaine

 Ensuite, les centres d’utilisation des pesticides ont été indiqués. Il s’agit : des zones cotonnières et caféières, des points d’appui de recherche agronomique et des fermes chinoises agricoles.

Pour terminer, il a présenté une analyse prévisionnelle de consommation des pesticides pour la campagne 2011 – 2012 avant de montrer la quantité de pesticides consommés en Centrafrique pendant la campagne 2009 – 2010 qui s’élève à 44 687,57 L, et la campagne 2010 – 2011 qui fait 70 228 L, ainsi que la quantité de pesticides pillés pendant les périodes de crises politico – militaires que le pays a connu qui s’élève à 199 710 L.

 1.5.L’utilisation des produits chimiques dans l’hygiène publique et l’assainissement

L’exposé de Mr NGOUMBAGOU a été suivi de celui de Dr Rosine Sarah FIOBOY, Médecin Chef des Sections Lutte Antivectorielle et Suivi/Evaluation au Service de Lutte contre le Paludisme. Cet exposé  avait pour titre :le Paludisme et l’Environnement.  Il ressort que le paludisme constitue la première cause de mortalité et de morbidité dans notre pays, avec 40% des causes d’hospitalisation et de consultation et 5,8% de décès. La RCA a bel et bien adhérée à l’initiative « Faire Reculer le Paludisme » lancée en 1998 par la communauté Internationale . Des Plans stratégiques ont été élaborés et servent de canevas de travail. Malheureusement la faible mobilisation des ressources financières ne permette pas à ce pays de mettre en œuvre toutes  les stratégies de prévention du paludisme. Pour ce qui est du thème de la présentation et de l’essentiel, il  existe trois (3) méthodes de contrôle des vecteurs du paludisme :

  • le Contrôle larvaire;
  • le Contrôle du contact homme-vecteur et;
  • le Contrôle des moustiques adultes.  

1. Le contrôle larvaire comprend:

  • La réduction de la source;
  • L’ utilization des Poissons larvivores;
  • Les Larvicides;
  • Le Pétrole et dérivés;
  • Les Insecticides chimiques courants;
  • Les Régulateurs de croissance;
  • Les Larvicides d’origine biologique.

2. La  réduction du contact homme vecteur se fait par:

  • L’utilisation des Moustiquaires Imprégnées d‘Insecticide de Longue Durée d'efficacité (MILDE),
  • L’Amélioration de l’habitat et,
  • L’utilisation des Répulsifs naturels ou synthétiques, serpentins anti-moustiques et vêtements protecteurs.

3. Quant au CONTRÔLE DES MOUSTIQUES ADULTES, il se fait par

  • L’utilisation des MILDE;
  • La Pulvérisation intra domiciliaire et;
  • La Pulvérisation spatiale

Le dernier exposé de la première journée a porté sur le Comité des Pesticides en Afrique Centrale (CPAC) présenté par Mme.  BRAHIM Marie – Honorine, Coordonnatrice de la cellule du CPAC/RCA.

Selon l’exposant, le Comité des Pesticides en Afrique Centrale est une structure spécialisée de la CEMAC à caractère scientifique, qui a débuté ses activités en septembre 2007. Il est formé de 03 experts venant de chaque Etat membre ainsi que des représentants de la commission de la CEMAC, du CPI/UA, de la FAO et de l’OMS. En outre chaque pays membre se dote d’une Commission Nationale de Gestion des Pesticides (CNGP).

Il assure la Coordination de la gestion concertée des Intrants agricoles. Sa principale mission est l’assainissement de la production agricole pour la préservation de la santé des consommateurs et de l’environnement ainsi que pour la compétitivité de cette production sur le marché international.

1.6.Intervention de l’Université de Bangui

L’intervention du Doyen de la Faculté des Sciences de l’Université de Bangui (UB) a été axée sur l’utilisation des produits chimiques dans les laboratoires de cet établissement d’enseignement supérieur. Certains de ces produits datent de très longtemps et des stocks obsolètes existent. Il a souligné l’importance d’associer l’UB dans la gestion des produits chimiques en RCA car cette institution dispose des compétences qui peuvent contribuer valablement dans ce domaine.

1.7.Intervention du Secteur Privé

Au démarrage des travaux de la deuxième journée de l’atelier, le représentant de PROCHIMIE, une société de distribution des produits chimiques, a porté sur les types de produits importés (produits destinés pour l’agriculture et la santé publique et produits de laboratoires), la provenance de ces produits (principalement le Cameroun), etc. L’atelier a recommandé que cette société soit agrée selon les dispositions nationales et qu’elle se mette en rapport avec la Direction de la Protection des Végétaux afin de procéder à une bonne nomenclature des produits importés.

Le reste de la deuxième journée a été consacrée essentiellement aux travaux de groupes qui ont pour objet de faire l’état des lieux de gestion des pesticides et produits chimiques en Centrafrique et d’identifier la procédure nationale à suivre pour la ratification de la convention. Cet exercice a permis d’élaborer la feuille de route de la poursuite des concertations entre les acteurs au niveau national en vue d’accompagner le processus de ratification.

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